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Bleu : Orange :

Commentaires Skartnak

Escape The Time 2015

Posté par: vador

Le : 31.08.2015 à 11:51

-Bravo!

Abstract Reason - Splendid Genesis

Posté par: Boubi

Le : 23.01.2015 à 16:26

-Excellent album, qualité de son rien à redire. J'ai pris du plaisir à l'écouter d...

Best Of 2014

Posté par: Nicolas Mi

Le : 06.01.2015 à 23:32

- *que

Best Of 2014

Posté par: Nicolas MI

Le : 06.01.2015 à 23:31

-J'aime beaucoup ce vous aimez, surtout Ludo et Pete.

The Burden Remains - Nouvel album en avant-première !

Posté par: Ricklette

Le : 31.03.2014 à 23:10

-NON TETCHEU!! Cet album est incroyaaaaable!! J'adore vraiment le petit côté "post"!...

The Burden Remains - Nouvel album en avant-première !

Posté par: Nemozor

Le : 31.03.2014 à 16:16

-Yes trop beau! Vivement vendredi!

Blown - Through Demon’s Eyes : Life & Death of an Anti-Hero

Posté par: Nick

Le : 04.11.2013 à 12:40

-joli concept les gars!

Voice of Ruin

Posté par: Voice Of Ruin

Le : 15.10.2012 à 08:54

-NEW SONG "Big Dick" http://youtu.be/b55L27tkbtQ

Promethee

Posté par: Anto

Le : 14.10.2012 à 20:54

-Excellent tout sa , vraiment presse d'entendre le reste les mecs !! Rock On !!

Promethee

Posté par: BUD

Le : 12.10.2012 à 11:07

-Trop beau ce skeud!!!!! bien joué les gars!!! Sinon il manque la date de promethe...

Promethee

Posté par: Ricklette

Le : 11.10.2012 à 19:28

-Bunty et Cap, arrêtez de frimer!! hahaha sinon quelle guerre quoi! impressionnant, l...

Promethee

Posté par: Phil de Bardo

Le : 11.10.2012 à 17:55

-Génial, quelle maturité musicale c'est des bêtes, cela méritait les 2 ans d'atten...

Total : 138 commentaires

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Cortez in Russia - Part I

Suivez le périple des Bullois de Cortez tandis qu'ils écument les salles de concert du pays de la vodka - par Greg, le batteur.







Skartnak.com 20.5 Vuadens - Saint Petersburg

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Survol de la région de Saint Petersbourg



Nous arrivons en Russie après un voyage de 8h du matin à 22h heure locale (+1h par rapport à la Suisse), volant de Genève à Saint Petersbourg via Kiev. Première chose à faire en arrivant : appeler le chauffeur du bus, Dima, qui passe nous prendre à l’aéroport. Il ne parle quasiment pas anglais, ou alors juste ce qu’il faut pour qu’on comprenne ce qu’il veut.
« Me, you, hotel now ». C’est parti.
Une des première choses que je remarque depuis le van, c’est que tout est écrit ici en cyrillique, bien sûr je le savais avant d’y aller, mais quand on y est et qu’on le voit, ça ajoute un brin d’exotisme.

L’hôtel est tout petit, tout mignon, en plein centre de Saint-Petersbourg, ou du moins c’est l’impression que j’ai en voyant la taille de la rue et les immeubles alentours.
Après le stress du voyage, pour des raisons que je ne vais pas citer ici, on a besoin d’une bonne bière et de manger. Les rues sont immenses, large, les immeubles illuminés sont imposants, et d’un style qui laisse penser que cette ville a une sacrée importance en Russie, historiquement et financièrement. Beaucoup de magasin, certains ouverts 24/24, de la junk food occidentale partout, du monde qui se balade même à 2h du matin, et des jolies filles…beaucoup de jolies filles.

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Saint Petersburg by night.



L’impression première est un mixe entre exotisme et normalité. Un tour est un tour, et on n’a pas vraiment le temps de connaître grand chose du pays dans lequel on est si ce n’est ce dont on va se laisser imprégner.
L’excitation est également au rendez-vous, car c’est le premier tour de Cortez en dehors d’Europe, et dans un pays aussi grand, même si on ne va tourner que dans la partie occidentale du territoire. Venant de Suisse, on fait plein de blagues sur les clichés Russes du genre goulag, Siberie, KGB etc. Mais au final ce ne sont que des demi-blagues, tant notre vision du pays est biaisée par le fait que les medias mainstream européens ne disent que des choses très graves et sérieuses sur ce pays, et spécialement en ce moment, avec les troubles en Ukraine.

Pour l’instant, on n’a mangé que de la nourriture occidentale. J’ai quand même pu gouter un bortsch (sorte de soupe minestrone avec de la viande). On n’a pas encore trouvé de nourriture typiquement Russe, mais probablement que très bientôt, on ne trouvera plus de nourriture occidentale, dès qu’on ira dans les villes moins touristiques.

Un dernier cocktail dans un bar près d’un strip club, le seul bar pas loin qui soit encore ouvert à 2h du matin, et on va au lit.


21.5 Saint-Petersburg

Découvrons la ville de jour. N’ayant pas de place dans nos valises pour prendre des sacs de couchages, il faut en trouver ici pour pas cher et on les filera au chauffeur du bus à la fin. On se rend dans un shopping center. C’est marrant de réaliser que les logos de magasins en Russie, expriment exactement la même chose que ceux de Suisse. Si tu cherches un magasin de sport bon marché, il faut chercher un logo qui fait penser à Decathlon en France, ou Ochsner Sport en Suisse. Si tu veux de l’électro-ménager, il faut trouver le logo qui fait penser à Media Markt etc.
Le temps est un peu long, car on n’a rien à faire jusqu’à 17h, et il faut garder l’énergie pour ce pourquoi on est venu, c’est à dire pour les concerts. On va donc dans un café, et on regarde les filles passer, en mangeant des strudels. Des hommes ensemble dans un pays exotique…pas besoin d’en dire plus…

Au milieu de l’après midi, on arrive au club, perdu dans une zone industriel abandonnée d’où semble émerger toutes sortes d’endroits alternatifs.

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Zolocco Club, Saint-Petersburg



Le club est vraiment cool, bien mieux que ce qu’on s’imaginait (mais nous sommes encore dans les clichés dans nos têtes). Un vrai club, avec une vraie scène, moniteurs, backstage, bar… Un endroit très mignon. Sanya, l’organisateur de la date, est déjà sur place. Malgré six mois qu’on se parle par email, c’est toujours amusant de rencontrer la personne en vrai, alors qu’il te semble la connaître déjà un peu. C’est lui qui est le boss du label Grains of Sand, qui a repressé notre dernier disque « Phoebus ». Il a également fait imprimé des t-shirts pour le tour, ce qui nous a évité un surpoids de bagages et d’emmerdes à la douane. Merci à lui.

L’accueil est chaleureux, et nous mangeons directement une bonne soupe au fromage, qui ressemble grandement à notre « soupe de chalet » en Suisse, puis du riz et du poulet. Tout ce dont on pourrait avoir besoin est ici : manger, boire, musique. Un bon départ !

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Zolocco Club, depuis la scène



Le concert est super cool, la foule réagit extrêmement bien à la musique. Applaudissement, hurlement, pogos de malades, crowd surfing, tout ce qu’il faut faire, voir et entendre pour comprendre qu’on était attendu par ceux qui sont venus nous voir ce soir.

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Zolocco Club, vue du bar



Mauvaise chose pour moi en fin de concert. Surexcité émotionnellement et physiquement par le dernier morceau qu’on joue dans le set (« Temps Mort »), je prends une bouteille d’eau, m’arrose la figure et lance le reste sur les gens, en oubliant qu’entre eux et moi se trouve mon ordinateur, qu’on utilise pour 2-3 samples, et il prend la moitié de l’eau…et s’éteint pour ne plus se rallumer…
Un cauchemar de penser que ça pourrait me coûter 1200€, que je n’ai plus accès à toutes les infos du tour, ni mes emails, et que je ne vais pas pouvoir travailler et aller sur internet pendant 2 semaines. Donc pendant la fête d’après concert, je me retrouve tout seul avec comme unique envie de tuer quelqu’un, ou moi-même. Tellement con d’oublier son cerveau et de faire la seule chose à ne pas faire…

C’est le moment de rentrer à l’hôtel et dormir, avec comme seul idée en tête de pouvoir aller le lendemain matin dans un Apple Shop et tenter de voir si on peut réparer ma machine. Difficile de dormir, tant je suis énervé, désespéré…et honteux d’avoir été si bête.


22.5 - Saint-Petersburg – Velyki Novgorod

Impossible de dormir avec ce problème d’ordi en tête… A peine 3h, grâce à l’épuisement, entre 5h30 et 8h30. Je suis accro aux ordis, c’est clair, et s’il y avait encore un doute, il est levé.
Douche rapide et on va à l’Apple Center pour voir ce qui peut etre fait dans un si court laps de temps. La situation est plutôt stressante, car on doit partir à 11h, et le magasin n’ouvre qu’à 10h. Le vendeur me donne directement l’adresse du service center, où je pourrais faire contrôler et réparer l’ordi. JR m’accompagne, et on y arrive en taxi à 10h20, pour voir que l’endroit n’ouvre qu’à 11h. Encore plus de stress. Youpi. Fuck. Merde. Mauvais moment à vivre.
On entre finalement avec un espoir quasi nul. Un type ultra calme, assis à un bureau, prend l’ordi et commence à le contrôler et par miracle, et surement par la magie de 2-3 manipulations savantes aussi, l’ordinateur se rallume. Il fait tout ce qu’il a besoin de faire, et après 45min d’espoir grandissant, l’ordi marche à nouveau parfaitement. Ce mec est Jésus en personne. Je le lui dit et il sourit, car il doit être habitué à sauver de nombreuses vies tous les jours en faisant ce genre de réparation.
On retourne à l’hôtel, on raconte toute l’histoire, et tout le monde est content de savoir que je vais pas tirer la gueule pendant deux semaines, moi y compris. Départ pour Velikyi Novgorod.

Ce qui est fun, c’est d’avoir un chauffeur sur le tour. Dima est comme un ours géant, il écoute aussi du rock, et il est d’un calme rassurant. Quand on tourne, c’est toujours agréable de pouvoir se reposer la journée sans musique noise tout le temps, a un volume qui remplit juste le silence, afin de pouvoir tout lâcher le moment venu, la seule heure vraiment importante de toute la journée d’attente.

Sur la route on s’arrête boire un café dans une sort de truck stop, au bord de l’autoroute. Pour sortir, il n’y a pas vraiment de route, il suffit juste de sortir sur la terre a nue qui longe l’endroit, et on y est. Pas compliqué la Russie, ils ne s’ennuient pas à rendre tout joli et propre. Tant que ça marche, c’est tout ce qui compte. Bien sur, comme souvent, Dima laisse tourner le moteur constamment, même pour 20min de pause…

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L’ « arrêt d’autoroute » et sa belle sortie en terre battue.



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Dima, attendant dehors avec deux chats.



Tout ça me rappelle des tours que j’ai faits dans le passé aux USA avec un autre groupe. Rien autour de l’autoroute pendant des heures, et juste de la forêt, ou des maisons construites juste le long, sans pour autant que ça soit un village. Mais on dirait qu’il n’y a pas de plan d’aménagement. La nature et le paysage sont si grands qu’on ne s’embarrasse pas de ce genre d’idée et si tu veux construire ta maison ici ou là, fais le, à tes propres risques. Si tu l’abandonnes, ben tu la laisses comme ça. Si elle brûle, tu en construis une autre à côté. Pour nous, Suisses, c’est impensable. Chaque cm2 de terrain appartient forcément à quelqu’un et il doit avoir un champ d’application. Tout est rationalisé, tout est ordonné. On ne fait jamais face à un territoire sauvage qui n’appartiendrait à personne, en apparence.

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Des maisons, au bord de l’autoroute, sur la route de Velikyi Novgorod.



On arrive finalement à Velikyi Novgorod, et le club est un mix entre une salle de concert et une discothèque. Ça sent l’endroit cool de ville de province. On y rencontre Sacha, l’organisateur, qui a l’air tout stressé. On s’installe pour le soundcheck, on mange, et on attend notre heure. Un groupe de jeunes ouvre la soirée, avec un deathcore pas super maîtrisé, mais ambitieux pour leur niveau. J’imagine que beaucoup de groupes ont commencé comme ça, les miens y compris, à vouloir jouer comme ses idoles en ne se rendant pas compte que quand on arrive à peine à jouer ses parties, on n’écoute presque pas les autres, et le groove d’ensemble en pâtit. Mais autant un groupe jeune et trop ambitieux, qu’un groupe suffisant et qui ne prend pas de risque.

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Sound check, Velikyi Novgorod.



Le concert est super, on fait lever les gens de leurs chaises, et on envoie la purée. Ici on n’est connu que par des gens qui sont vraiment du milieu, et on doit tout prouver. Même si le disque est apprécié, aujourd’hui, c’est la prestation live qui te donne ta vraie valeur. De nos jours, plus besoin de savoir jouer pour faire un disque qui tabasse. Il y a assez de pro de l’editing et des plug-ins qui te violent le son, comme dirait Chris, pour te donner l’apparence d’une fusée atomique sonore. Apparemment, ça a convaincu. Les petits jeunes nous demandent des autographes, comme si on était des stars, mais j’imagine qu’ils voient encore la musique d’une façon naïve, parce que trop expérimentée en regardant la TV ou Youtube. Moi aussi je pensais que je deviendrais un jour une rockstar, quand j’avais 15 ans. 21 ans plus tard, je ne suis qu’un ouvrier du noise, et rien d’autre ne me plairait plus que ça.

On part ensuite dormir chez un pote à Sacha, et il y a plein de gens qui viennent. On passe acheter à boire - de l’alcool évidemment - et on se rend à la maison, perdue dans la campagne. Deux filles nous font à manger, et un de leur copain nous sort des pots de champignons et de légumes marinés dans du vinaigre, du fait-maison. Des pommes de terre, des cuisses de poulet, et plein de bière et de vodka. C’est parti pour l’after show, ça va faire mal.
C’est intéressant de discuter avec les Russes, parce qu’ils sont très inquiets de l’image de leur pays à l’étranger. J’essaie de leur dire ce qui se dit dans nos médias, et c’est évidemment pas très reluisant pour eux. J’ajoute qu’on n’est pas là pour en penser quoi que ce soit, mais que pour nous tourner est simplement l’occasion de découvrir le pays de l’intérieur, de rencontrer les gens, et de partager des expériences. C’est tout ce qui compte (en dehors de la musique). Le jeu politique est bien trop complexe pour se baser sur ce qu’on nous raconte en Europe. J’étais aux USA lors de l’invasion de l’Irak en 2003, et je pensais que tout le monde était un fan de la guerre et de Georges Bush JR, mais les gens sont bien différents de l’image diplomatico-politique du pays qu’on nous sert au TJ du soir.

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A droite, Sacha, et au centre, son pote chez qui on dort.



Vodka, bière, discuter, vodka, vodka, vodka, discuter, bière, vodka…et puis le blackout.

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La tablée satanique qui fait mal au crâne.




23.5 Velikyi Novgorod - Moscou

Je me réveille dans un canapé alors que Chris me crie à l’oreille qu’on doit y aller. Je prends mes affaires et sans dire un mot je m’écroule dans le bus. Mon crâne est détruit, mon ventre aussi, mes yeux font mal, j’ai envie de dormir ou mourir. Finalement je dors.

Un flash…
J’ouvre les yeux et alors que je sens que Dima vient de freiner sec, je vois une voiture retournée au milieu de l’autoroute avec un mec qui sort par la fenêtre. On s’arrête, et je me rendors, c’est encore trop tôt, et même si je devrais m’inquiéter de la situation, je ne suis pas encore en état pour imaginer quoi que ce soit qui ne soit pas « récupérer de la pire murgée de ces trois-quatre dernières années ». Ce soir on joue à Moscou, et il faudrait mieux que je sois remis. Je n’ai pas fait des milliers de km pour faire de la merde parce que j’ai bu comme un ado la veille.
J’apprendrai plus tard qu’en fait la voiture de devant s’est pris un frontal violent, et que Dima, en tout bon chauffeur qu’il a l’air d’être, a réagi avec un calme incroyable en évitant l’accident, arrêtant le van pour gérer la situation, et quand il a compris que tout était sous contrôle, à repris la route, l’air de rien. Normal. Un héros ce mec.

On arrive plus tard à Moscou. Le club s’appelle le Brooklyn et il se trouve sous une immense tour d’appartement de luxe. Dans les sous-sols il y a la salle de concert, plutôt grande, trop grande pour nous en tout cas de mon point de vue, et un restaurant attenant qui fait des hamburgers et qui retransmet un match foot.
Super accueil, et on joue avec deux groupes de très bon niveau qui tabassent. Kulta est plutôt noisy chaotique, alors que Cosmonauts Day est très technique et envoie la purée à vitesse supersonique. Ça va être la guerre ici.

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Cosmonauts Day, vous l’aurez compris.



Le son résonne énormément, pas facile à gérer. Tout est très pro et pour l’instant on ne peut pas dire qu’on fait des salles de merde ou crust. C’est plutôt la classe. C’est très valorisant d’être à l’étranger, parce que les gens te considèrent comme un groupe qui a réussi à venir jusqu’ici avec sa musique.

Le concert est pure folie. Les gens sont les uns dessus les autres ils sont hyper électrisés et c’est ultra touchant de jouer devant un public non blasé, qui aime vraiment la musique et qui participe à fond. Deux jeunes filles sont à la limite de la crise d’hystérie, et au stand merch, après le concert, on reçoit des félicitations complètement dingues. Bien sûr on donne toujours le 150% sur chaque date, et d’abord pour nous-mêmes, mais quand tu as ce genre de réaction sur ton travail, ça donne un vrai sens à tout ce qui t’a amené ici.

Il y a assez de public pour avoir une vraie ambiance, mais l’organisateur a clairement vu trop grand. Ça n’est pas vraiment notre problème, même si je préfère jouer dans une petite salle pleine qu’une grande salle à moitié vide. Ça aura quand même un impact sur le cachet qu’on reçoit, qui n’est pas celui qu’on nous avait annoncé, et j’avoue que ça m’énerve qu’un conflit entre le booker et l’organisateur se résolve en payant moins le groupe… Andrey, qui organise le tour, me dit par téléphone qu’il nous donnera de sa poche le manque à gagner. Geste loyal et professionnel.

Valeria, son copain, et deux amis nous accueillent chez eux pour la nuit. De nouveau, ils font à manger et s’occupent de nous comme si on était des rois. Les russes qu’on a rencontrés pour le moment sont d’une générosité et d’une attention rare. Ils se mettent en 4 pour nous, et même si on ne demande rien d’autre qu’un lit pour la nuit, on reçoit beaucoup plus. Une telle gentillesse est intimidante. On en profite sans en abuser, c’est très touchant. Après une grande salade, des raviolis fait maison, et des snacks, on va se coucher vers 4h, pour 3-4h de sommeil.

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Nadi, Anton, Valeria, Mikaël, qui nous disent au revoir, pas loin de la centrale nucléaire du quartier.




23.5 Moscou - Nizhniy Novgorod

8h, En route pour Nizhniy Novgorod.
On y arrive en début d’après midi, il fait chaud, ça sent vraiment l’été. L’organisateur nous emmène manger dans un mini supermarché du coin, puis on se balade dans la ville.
Cette ville m’est parfaitement inconnue, et j’avais imaginé justement qu’en dehors de Moscou et Saint Petersbourg, le reste de la Russie serait assez moyenageux. Mais c’est tout le contraire. Ca fait en fait mal au cœur pour les russes de se dire que plus on avance dans le tour, et plus on se rend compte de la mauvaise information qu’on a sur ce pays en Europe. Et là je ne parle pas de politique, mais juste de la perception qu’on a des gens, des villes, etc. En fait c’est magnifique. J’ai l’impression de me balader sur les quais d’Evian un jour férié. Il y a plein de gens, des jolis parcs, des artistes de rue, et comme c’est dimanche, plein de familles profitent du soleil. J’avoue quand même me sentir un peu naïf et/ou honteux d’en avoir pensé tant de mal dans mon ignorance, alors qu’on s’y sent vraiment super bien. Bien sûr il y a des aspects culturels qui sont différents, comme par exemple comme le fait que les gens ne sourient pas comme chez nous. Ca donne un côté froid, mais au moins on ne pourra pas les taxer de faux cul. Et finalement c’est juste quelques détails de ce genre qui nous font penser qu’ils n’ont pas de sentiment, mais c’est totalement faux. Comme ils ressemblent clairement à des occidentaux, dans leurs habits, leurs vêtements, voitures, mode de vie, on les juge de la façon qu’on jugerait des européens. Mais ils sont simplement des russes, à prendre comme des russes. Jimael, un ami de Chris qui habite la ville et qui est un suisse étudiant la traduction, me dira que les Européens ne comprennent pas les Rrusses, et que les russes souffrent de ça, quelque part. Pourtant ils aiment l’occident, et ca se voit. Je lui fais part de la ressemblance que j’ai l’impression qu’il y a avec les USA, et il me confirme que c’est exactement ça. Ils ont un immense pays, plein de ressources, ils aiment les grosses bagnoles, les flingues, la chasse. On connaît le far-west. On devrait découvrir le far-east.
C’est peut être justement pour ca qu’ils sont en compétition. On s’entend souvent moins bien avec les gens qui nous ressemblent trop.

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Balade dans les rues piétonnes de Nizhniy Novgorod



On arrive ensuite au club, et l’endroit est très joli. Une sorte de café souterrain sur deux niveaux, en béton moderne, avec des balcons intérieurs en fer forgé et verre, ce qui fait qu’on voit un peu tout le café, quel que soit l’endroit où on se trouve. Il y a quatre groupes qui jouent avant nous, il y a du monde, mais rester dans cette ambiance toute la journée va nous tuer, alors on sort. Et là, surprise, un sacré orage se prépare. Cinq minutes plus tard, des grêlons de la taille de petites billes tombent dans un bruit fracassant. Impressionnant, même pour les russes, ce qui me rassure quand même.

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L’attente du concert est longue, et on doit rester dans le bruit constant, ce qui fatigue.
Au moment où le concert démarre, on découvre que les retours ne fonctionnent pas, que la chaise de batterie est complètement niquée et que je dois d’abord la réparer…youpi…
Le début est un peu difficile, mais heureusement, l’énergie qu’on dégage compense le manque de confort. Après 2-3 morceaux, on s’y fait et on peut envoyer la totale. Le soirée se termine avec une heure de retard, les gens rentrent directement, et j’ai un petit gout de déception quand même. Pour moi il y avait trop de groupes, et qui peut s’envoyer 5h de surchie en étant encore frais à la fin ?… En tout cas je comprends ceux qui ne sont pas restés jusqu’au bout, et c’est un peu frustrant pour nous. Cela dit, les gens qui étaient encore nombreux et présents ont semblé pleinement satisfaits.

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La soirée se termine chez l’organisateur, un mec hyper froid qui nous fait dormir sur un tapis dans son salon. C’est spartiate, et c’est la première fois que je peux dire que je suis déçu de l’accueil pour la nuit.


25.5 Nizhiniy Novgorod – Kirov

On décide de partir tôt, car la route pour Kirov va être longue. Le mec qui nous accueille n’est pas là quand on se lève, pas de déjeuner, et donc on va pas s’attarder. Le mec revient brièvement pour nous dire au revoir et nous ouvrir un safe dans la cage d’escalier dans lequel on avait mis la guitare pour la nuit. Une photo avec lui au bord d’un lac et c’est parti.

Les hivers russes sont rudes, les routes sont longues, et les moyens pour réparer les dégâts du gel sur le bitume semblent manquer, ou simplement, les gens s’en accommodent. Tout ça pour dire qu’on a l’impression de rouler toute la journée sur une route de montagne, tant les nids de poules, trous et fentes la parsèment. Difficile de dire si la distance parcourue est longue, parce que la vitesse imposée par l’état de la route n’est pas toujours très haute. Le paysage ne comprend pas l’ombre d’une colline. Les seuls reliefs sont la platitude des immenses plaines et la hauteur des forêts qui les bordent. Le paysage se déroule ainsi des dizaines, voire centaines de kilomètres durant.
On s’y fait en écoutant de la musique atmosphérique. Ça fait un peu comme être dans un film, et ça ajoute à la mystique de l’expérience. Cela dit, il y a quand même des petits villages le long de la route. Je me demande comment ça fait de vivre ici, loin de la modernité, ou près de la nature, selon comment on préfère le voir.

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Les douloureuses routes de campagne



On s’arrête à un truck stop manger une salade et un beignet. Ils ne se compliquent pas avec la sauce. La plupart du temps, c’est uniquement de la mayonnaise. Dima nous aide à traduire les menus, et c’est impossible de comprendre quoi que ce soit. Les gens parlent peu anglais, et donc sans lui, on serait complètement perdu. Les prix sont très bas. On mange et on boit pour l’équivalent de trois francs suisses environ.

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Restoroute russe



On reprend le même genre de route jusqu’à 18h. Longue journée de route, mais on est désormais en « mode tour ». Ecouter de la musique, bosser un peu sur le laptop quand la route permet de viser les touches du clavier, regarder le paysage, dormir quand les yeux se ferment. Une sorte de mode mi-contemplatif et mi-zombie.

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Kirov



Arrivé à Kirov, on se rend dans un appartement loué pour deux nuits. Pas de concert ce soir, et on en profite pour se faire une vraie bouffe russo-ukrainienne dans un restaurant. Dima choisit les plats, car les cartes sont uniquement écrites en cyrillique. Ça commence par un bortsch et une salade de crabe à la mayonnaise. L’entrée terminée, la timide serveuse habillée en costume local nous apporte un verre de vodka avec un citron. Gloups cul-sec. On passe à la viande : du foie dans une sauce aux oignons avec des patates grillées. A nouveau un verre de vodka avant de passer à la suite. Une épaisse forêt noire pour terminer, et encore un verre de liqueur fumée offerte par le patron. Heureusement qu’on mange en même temps qu’on boit. On en sort aussi repu qu’imbibé, mais l’ensemble est très agréable.

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Repas russo-ukrainien copieux et arrosé



J’en profite quand même pour poser la question de l’Ukraine à l’organisateur, qui mange avec nous, et pour lui, tout ça est de la merde politique qui le dépasse. J’en pense un peu la même chose, j’avoue. Depuis les medias mainstream de l’Europe, les Russes sont les méchants, et depuis la Russie, tout ça est un montage politico-médiatique. Il me dit que les ukrainiens sont les amis des russes, et que lui-même vivait à Donetsk il y a cinq ans. Il ne comprend pas ce qui s’y passe, et regrette vraiment qu’on (qui ?) cherche à diviser ces deux pays qui ont beaucoup en commun et qui s’apprécient.

La nuit tombe à 22h30 et on rentre. C’est l’heure du dernier épisode de Game Of Thrones ou de faire les geeks sur internet jusqu'à ce que le jour se lève…à 2h30. S’endormir en plein jour, c’est étrange, mais la fatigue prend le dessus.

Dossier : Loulou

Ajouté le : 26.05.15

Dossier cliqué : 1625 fois

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