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Commentaires Skartnak

Escape The Time 2015

Posté par: vador

Le : 31.08.2015 à 11:51

-Bravo!

Abstract Reason - Splendid Genesis

Posté par: Boubi

Le : 23.01.2015 à 16:26

-Excellent album, qualité de son rien à redire. J'ai pris du plaisir à l'écouter d...

Best Of 2014

Posté par: Nicolas Mi

Le : 06.01.2015 à 23:32

- *que

Best Of 2014

Posté par: Nicolas MI

Le : 06.01.2015 à 23:31

-J'aime beaucoup ce vous aimez, surtout Ludo et Pete.

The Burden Remains - Nouvel album en avant-première !

Posté par: Ricklette

Le : 31.03.2014 à 23:10

-NON TETCHEU!! Cet album est incroyaaaaable!! J'adore vraiment le petit côté "post"!...

The Burden Remains - Nouvel album en avant-première !

Posté par: Nemozor

Le : 31.03.2014 à 16:16

-Yes trop beau! Vivement vendredi!

Blown - Through Demon’s Eyes : Life & Death of an Anti-Hero

Posté par: Nick

Le : 04.11.2013 à 12:40

-joli concept les gars!

Voice of Ruin

Posté par: Voice Of Ruin

Le : 15.10.2012 à 08:54

-NEW SONG "Big Dick" http://youtu.be/b55L27tkbtQ

Promethee

Posté par: Anto

Le : 14.10.2012 à 20:54

-Excellent tout sa , vraiment presse d'entendre le reste les mecs !! Rock On !!

Promethee

Posté par: BUD

Le : 12.10.2012 à 11:07

-Trop beau ce skeud!!!!! bien joué les gars!!! Sinon il manque la date de promethe...

Promethee

Posté par: Ricklette

Le : 11.10.2012 à 19:28

-Bunty et Cap, arrêtez de frimer!! hahaha sinon quelle guerre quoi! impressionnant, l...

Promethee

Posté par: Phil de Bardo

Le : 11.10.2012 à 17:55

-Génial, quelle maturité musicale c'est des bêtes, cela méritait les 2 ans d'atten...

Total : 138 commentaires

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Cortez in Russia - Part II

Continuez à suivre au jour le jour le périple de Cortez au pays des tsars. Par Greg, le batteur.







Skartnak.com 26.5 Kirov

Lever normal, ça fait du bien de dormir longtemps dans un vrai lit, après deux nuits plus ou moins à même le sol. On part acheter des pâtes lyophilisées pour le repas de midi. Le sound check est à 16h, donc on a le temps de larver un peu en attendant. Dima dort encore. Il se lève à 13h30 et nous dit : « let’s go eat and soundcheck ». Euh…mais on vient de manger… C’est là qu’on comprend que le repas de midi se prend en fait vers 14h. On remange, léger, et l’organisateur nous demande de choisir encore ce qu’on voudra manger après le concert. Ici, il n’y a presque pas de catering dans les backstage, mais seulement quelques fruits. Par contre, il est de coutume de manger un vrai repas après. Tant mieux, ça m’évite de picorer toute la soirée, moi qui ai une déchetterie à la place de l’estomac, et qui peut manger tout dans n’importe quel ordre.

Comme on a du temps, on profite de se poser dans un parc, pas loin du bar

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Lénine, devant un drapeau commémoratif des 70 ans de la fin de la 2ème guerre mondiale.



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Détente dans un parc de Kirov



Le concert a lieu dans un bar alternatif. Très cool endroit pour notre musique, ça transpire le rock. Un groupe de deathcore joue avant nous. Le deathcore, c’est ce qu’était le neo-metal de ma jeunesse. Le style où tu bouges d’une façon hyper artificielle et calculée pour faire croire que t’es trop méchant et cool en même temps. Un truc de jeune, et je suis clairement trop vieux pour ça.

Notre concert se passe très bien, les gens sont très attentifs et les plus chanmés font des contests de violent dancing (paraît que ça se dit comme ça), sorte de moshpit avec pogo sans règles, où tout est permis. C’est rigolo, mais ça éloigne quand même la plupart des gens à quelques mètres, tout ça pour que les hormones masculines puissent s’exprimer. Le public du soir est très jeune, et donc, comme à Moscou, les gens nous prennent pour des stars, font des photos avec nous, et des filles tremblent en essayant de nous adresser la parole. C’est chou et on joue le jeu sans en faire trop.

Je finis par parler avec un des jeunes, qui semble beaucoup plus concerné par les vraies valeurs de notre musique que par le star système. Il me pose plein de questions sur la musique, sur les paroles, sur le fait que JR chante en français, sur la liberté, l’anarchisme, la normalité, l’armée, la violence, la famille. Intéressante discussion ; c’est pas souvent qu’une personne de cet âge se pose ces questions si consciemment, et si directement.

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Chepay Bar, Kirov



Retour à l’appart, on mange ce qu’on avait commandé. Internet. Dodo.


27.5 Kirov - Izhevsk

Comme d’habitude, départ 8h, en route pour Izhevsk. La route est cahoteuse, et longue…très longue : près de 600km. On essaie de dormir un peu dans le van, mais la route est pénible et quelques sauts du van nous réveillent.
Depuis le départ, la végétation a peu changé. C’est souvent de grandes prairies vertes ornées de pissenlits. Et un mélange de pins, boulots et autres arbres feuillus.
Quand on traverse les forêts, on voit aussi quelques marais.

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Prairies, pissenlits et pins



On mange dans un petit arrêt pour routier, sous les yeux d’un petit ours empaillé. Une soupe au poulet avec une rissole à la viande, et c’est reparti. Je finis par m’endormir, et le réveil est rude. Le trajet est trop long pour moi, et ça me met de mauvaise humeur. La promiscuité commence à m’agacer. C’est le signe qu’il va falloir trouver un peu de place et de liberté personnelle. C’est cool d’être en groupe, mais il faut trouver l’équilibre, pour ne pas détériorer l’ambiance.

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Manu qui se repose après le repas de midi



Comme je suis de mauvaise humeur, je trouve l’endroit un peu bof. Le concert se passe dans le sous-sol d’une sorte de bâtiment communal. Trois groupes locaux jouent avant nous, et à part le dernier, ils sont très amateurs. Ça rigole entre les morceaux et ça ne joue pas très bien. En sortant prendre l’air, j’entends au premier étage un orchestre de chambre répéter. C’est rigolo d’avoir ces deux styles pas loin l’un de l’autre.

Vu qu’on n’a rien mangé depuis midi et qu’avant minuit il n’y aura rien, on part s’acheter un truc à manger. Une chose que je remarque depuis un moment, c’est que soit on n’a pas les mêmes goûts au niveau de la déco, soit ils décorent pas très bien les appartements ou les magasins. C’est très simple, avec deux-trois trucs très kitsch. Ou alors c’est très rempli avec des objets accumulés et mis un peu partout sans qu’on ait l’impression qu’il y ait un ordre particulier.

Comme je m’attendais au pire, le concert finit par se passer plutôt bien. Quelques photos avec les autres groupes, et on part chez une amie de Dima, notre chauffeur, manger des pâtes avec des fèves et de la sauce champignon. Elle sort des bouteilles d’alcool fait maison, pas mal du tout, dont un particulièrement, avec de la cannelle dedans. Puis on a droit à du poisson séché, et pour le bouquet final, des tranches de gras de porc hyper salé. On se demande si c’est le sel qui conserve le gras ou l’inverse. C’est bon un morceau, même si ça ne doit pas être des plus sains.
C’est le quatrième appartement dans lequel on dort, et on peut dire que pour l’instant, les logements populaires sont très vétustes. Pas sales, mais pas très rangés, par manque de place, et avec le minimum vital. Ça n’est pas inconfortable, mais on est loin du standing de la Suisse, c’est sûr.

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La joyeuse équipe de buveurs d’alcool maison



On finit par quelques parties de Guitar Hero et on se couche.


28.5 Izhevsk - Perm

On prend la route tôt le matin, pour arriver vers 14h à Perm. Rien de spécial qui soit si différent des autres jours, si ce n’est que la route est agréable. J’ai eu peur que plus on aille vers le sud et plus les routes soient pénibles, mais la journée d’hier semble n’avoir été qu’une exception.

Pour une fois, on a du temps pour nous entre l’arrivée et le soundcheck. On en profite pour aller faire quelques achats comme pansements, câbles informatiques, et autre bricole qu’on doit remplacer, parce que perdu ou cassé pendant le tour. Perm semble être une ville de majeure importance. Il y a beaucoup de bâtiments officiels, des grands magasins, du monde dans les rues, de larges rues, de grosses bagnoles.
On passe devant un marché aux plantons, et je me souviens d’une discussion que j’ai eue avec un russe, qui m’expliquait ce qu’étaient ces maisons le long des routes, qui semblaient abandonnées. Ce sont en fait des datchas. Des résidences secondaires dans laquelle on amène la grand-mère dès que l’hiver touche à sa fin et que le sol est dégelé. Elle prépare la maison et commence à jardiner, et vis dans la datcha jusqu’à l’hiver suivant. La maison sert en fait de maison de campagne, le weekend, pour les familles qui travaillent en ville la semaine.

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Promenade à Perm



Je pars me promener avec JR le long de la rivière qui borde le club où on va jouer, et on remarque que les Russes aiment bien se poser avec la voiture, ouvrent le coffre, allument un chicha et fument en écoutant de la musique et en discutant. L’alcool est interdit dans la rue, et la police ne rigole pas avec ça. Les jeunes sont très souvent en couple, et ils sont relativement calmes et posés. Sans vouloir porter de jugement (même si c’est le genre de début de phrase qui dit justement que je vais juger), il semble que les habitudes sociales en Russie sont très traditionnelles. Les hommes et femmes se marient dans les 20-25 ans et vivent une vie de couple posée, très tôt. Je n’ai pas parlé de la beauté des femmes russes, parce que je ne voulais laisser croire que ça avait trop d’importance dans ce qu’on expérimente ici. Pourtant c’est impressionnant le nombre de belles femmes qu’on rencontre. Elles ont un physique très élancé, et s’habillent très élégamment. Ça me rappelle un peu l’Italie, dans les habitudes vestimentaires. Elles ont une classe très naturelle, et elle ne dégage pas de vulgarité. Je me demande si le fait d’être traditionnelles dans l’esprit du couple, et d’être posées si vite dans la vie, expliquerait qu’elles peuvent se permettre d’être si belles, sans jamais donner l’impression qu’elles aient la volonté de séduire. D’ailleurs, les hommes russes sont très stoïques sur ce point. Jamais un regard de travers, jamais un sifflet désagréable qui signifierait un manque de respect envers ces femmes magnifiques. Bien sûr, il y en a dont l’apparence est moins attirante (encore que ça soit une question de goût), et l’exotisme du pays augmente peut-être la perception positive que j’en ai.

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Vue romantique de la rivière et du pont qui passe à Perm



Le club est petit, avec une scène dans un coin, et un bar dans un autre. Il semble que l’endroit soit associatif. Les tenanciers sont jeunes, et il y a des locaux de répétition à louer à l’heure. On jouera ce soir en 4ème position, avant trois groupes locaux, dont un qui semble être des stars régionales, et qui fête le 10ème anniversaire de sa création. Du coup il y a du monde, et c’est tant mieux pour nous. Le concert est une guerre nucléaire. Les gens sont les uns sur les autres, et dans un pogo, un mec tombe sur un ampli, qui tombe sur mon ordi….sueur froide…ouf, rien de cassé, mais ça aurait pu… Chris s’écrase plus tard sur la batterie, mais on tient bon le show, et l’énergie dans la salle est très intense.

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Soundcheck à Perm



Fin de concert hystérique ; le public est jeune, c’est toujours marrant, bizarre et artificiel tout ce tralala idolâtre et les photos que les gens veulent prendre avec nous, les baguettes demandées, les signatures…etc. C’est vrai qu’avec Cortez, on est un peu entre les deux réalités du monde de la musique. La création de la musique est faite sans concession et sans calcul (en tout cas c’est ce qu’on essaie de faire), mais ensuite, il faut bien vendre le produit, et ça ne me dérange pas de vendre d’une façon plus commerciale un produit qui n’a jamais été voulu comme tel. La promo, c’est la poudre aux yeux qui fait que tu sembles être plus que ce que tu es vraiment, que tu dis que la vérité qui t’arrange, et tu laisses le fantasme des gens faire le reste du travail. Et avec les jeunes, il y a souvent cette culture de l’internet et du star système qui fait qu’on te voit comme une personne que tu n’es pas en réalité. Le pire, c’est de croire à ta propre promo, et de devenir la personne que tu projettes. Mais c’est le prix à payer pour toucher assez de monde et te retrouver dans l’investissement en temps et argent que la création a demandé. Il faut juste rester conscient de qui tu es, et pas te perdre dans ce truc artificiel.

Après le concert, on va dormir chez le guitariste de l’avant-dernier groupe. Superbe appartement, le mec vit différemment des gens chez qui on est allé jusqu’à présent. Il est ingénieur en multi-media, et j’imagine qu’il travaille pour des projets de taille internationale. C’est clair que dans un pays ou le salaire moyen est de 400-500chf/mois, si tu gagnes 5000chf/mois, ça fait une sacrée différence. Je ne connais pas son salaire, mais il ne semble pas avoir à se soucier du matériel. Tant mieux pour lui. On nous sert un brandy incroyable, des bières et autre nourritures que les copines des musiciens ont préparés. Merci à elles. On parle de musique avec les mecs, et ils nous montrent les vidéos clips qu’ils ont faits, et on voit tout le talent du guitariste. C’est vraiment de la qualité de premier ordre, bluffant. L’accueil est très généreux, et on passe un bon moment en leur compagnie.

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Nos hôtes à Perm




29.5 Perm – Ekaterinburg

Parcours sans encombre jusqu’à Ekaterinburg. Ce qu’on voit de la ville est imposant, et on comprend vite que c’est une nouvelle ville de majeure importance. On y voit de grands bâtiments d’Etat, ce qui ressemble à des sièges de banque, et des églises orthodoxes qui doivent être le pendant de nos cathédrales européennes.

On s’installe dans une pension aux lits branlants, et on profite du temps libre à disposition pour se balader dans la ville, boire un café et manger quelques pâtisseries dont on ne sait jamais si elles sont aux épinards ou à la confiture. Souvent les gens ne parlent pas anglais, et nous on ne comprend pas ce qui est écrit. Quand Jr, végétarien, tombe sur une rissole à la viande, on procède à des échanges qui ne sont pas frustrants, parce qu’on ne sait même pas ce qu’on a pris au départ !

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Promenade dans Ekaterinburg



Dima nous amène plus tard au club Nirvana, lieu du crime sonore de la soirée. On nous sert une salade, un bortsch et un plat de pâtes avec un genre de saucisse de vienne, ce qui est largement plus que ce qu’on peut manger. Mais en Russie, c’est toujours important de se faire un fond dans l’estomac, car on ne sait jamais ce qui nous attend question alcool pour la suite. J’ai toujours été fier du fait que la team de musiciens et de techniciens de Cortez est toujours concentrée sur les choses importantes et professionnelles, et que tous les soirs, on donne le plein potentiel de la raison de notre présence : le concert. Mais la Russie est très perverse et bienveillante à la fois, et ils ont une façon d’emmener les gens vers un arrosage d’alcool progressif, qui fait qu’on se rend compte trop tard qu’il est trop tard, et qu’on est même complice de se laisser aller doucement dans une nuit arrosée. Victime et coupable en même temps. Et heureux.

Le public du soir est à nouveau relativement jeune. C’est une différence notable avec le public d’Europe. On joue régulièrement devant des 18-25 ans, alors qu’on est habitué à une audience plus mature du genre 25-35 ans. Ça n’est pas déplaisant, mais simplement différent. Je ne suis pas sûr qu’ils comprennent la musique qu’on joue, mais ils en ressentent et en partagent l’intensité, et c’est tout ce qui compte. Une party suit notre performance, et c’est assez cool parce que la musique reste dans un style alternatif, mais désormais c’est pour danser et faire la fête. C’est très vivant.
Le lendemain est un day off, et ca se ressent dans l’après concert, qui est plus freestyle que d’habitude. La vodka pleut, il y a des averses de bière, et le temps nous promet un mal de tête pour le lendemain. Tout le monde finit par danser en buvant et nous formons un joyeux groupe de sosies de John Travolta sur la piste.
Malgré l’état d’ébriété avancé, je remarque que dans aucune soirée il n’y a eu d’altercation, aucune bagarre de soûlon au sujet d’une fille, aucun vol, aucune personne qui refuserait de quitter l’endroit à l’heure de la fin, aucune personne complètement détruite dans un canapé et qu’on ne pourrait pas réveiller, et c’est assez bluffant. Difficile d’expliquer ce phénomène, mais on remarque aussi qu’on ne croise aucune personne qui cherche à tirer parti de la situation, ou qui viendrait juste ennuyer les autres par frustration personnelle. Pour ce qu’on en a vu, la société russe n’est pas très brassée en terme d’origines, et est composée quasi uniquement de personnes russes. Ceci explique peut-être cela, et loin de moi l’idée d’en tirer des conclusions non appropriées au sujet du cosmopolitisme. Je suis conscient qu’on est dans un style de musique, un style de public, et je ne veux pas généraliser ici mon propos à partir d’une si petite expérience.

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Prendre l’air après le concert, au lever du jour, à 2h30.



Tout finit dans un taxi, et les discours imbibés qui sortent de nos bouches anesthésiées sont à la hauteur de ce que fut la fête. On s’est de nouveau fait avoir, et on n’est pas si mécontent.


30.5 Ekaterinburg – Chelyabinsk

Andrei nous a trouvé un logement gratuit pour ce day off non prévu, et on arrive presque sobre chez notre hôte Nicolaï, jeune graphiste de 20 ans. Il nous emmène faire un tour de la ville, qui est très belle. On visite des parcs où se jouent des spectacles de fontaines et lumières, on remonte une rue piétonne bourrée de monde, on mange une pomme au sirop délicieuse, on mange des sushis dans un restaurant américano-japonais, on voit la statue de Prokofieff qui regarde fixement le théâtre de la ville, on passe devant un monument dédié aux forces de la police militaire, on mange une glace, et on finit dans un bar boire une bière fraîche. Il fait très chaud et on se fait dévorer par les moustiques. On rentre chez Nicolaï et après une discussion très intense sur les jeux videos (il semble être un hardcore gamer), on s’endort dans la chaleur de son appartement. Il est 2h du matin mais il fait encore 28 degrés…

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Chillin’ in Chelyabinsk




31.5 Chelyabinsk

Dima est allé dormir chez un ami, mais à voir sa mine défaite, il n’a pas fait que dormir. Sachant qu’il est habitué à boire, ça a dû être quelque chose… Cela dit, il est toujours sobre au volant, et il prend soin de dormir les heures dont il a besoin.

On mange en face du club de ce soir, le Ozz, et on attend que les responsables arrivent, en buvant une bière sur la terrasse. Il fait au moins 30 degrés, ça fait du bien. Le club ouvre enfin et on s’installe. On comprend vite qu’on va faire face à une douloureuse soirée… Le pied de Hihat est cassé et tient plus ou moins avec du gaffer, idem pour le pied de Ride. On me dit qu’on a pas besoin de faire de soundcheck de batterie car « elle sonne super », mais je remarque que le premier tom est mis à l’envers et que le dernier batteur qui est passé par là a joué (et plus ou moins détruit) la peau de résonance. Les deux toms ne sont pas accordés du tout. La peau de frappe de la grosse caisse est déjà amputée d’une des deux couches qui la compose (et je remarquerai à la fin du concert qu’elle a tenu par miracle, mais qu’elle était fendue sur tout le long d’une partie du cercle. La peau de résonance est maintenue par un immense scotch, et donc ne résonne justement pas. Il manque la moitié des mousses et protections sur les pieds de cymbales. Le siège bouge en son sommet sur presque 30 degrés d’angle, et ne peut être plus levé qu’à une certaine hauteur, insuffisante pour jouer à l’aise.
L’ingé-son qui est là pour la mise en place ne sera pas là pour la soirée, et sera remplacé par un autre. Un des subs est cramé, l’équalisation de la table de mix n’est pas modifiable et ressemble à une chaîne de montagne.
Le backstage est commun pour les quatre groupes qui joueront ce soir, avec comme seul mobilier quelques chaises, et un néon pour toute lumière. On nous donne de l’eau comme seule boisson, mais au moment du concert les trois premiers groupes ont déjà tout bu et on nous dit que c’est comme ça, il faut faire avec.
Bref c’est l’enfer sur terre, et une fois « installé », je décide de bouger d’ici et de ne revenir que pour le concert. Retour sur la terrasse boire des mojito sans alcool, au moins on y sera bien, même s’il faut payer pour.

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Difficile soirée au Ozz, Chelyabinsk



Comme attendu, le concert est très bof, et après avoir dû réparer deux fois le Hihat avec du gaffer, et en voyant que le pied de ride ne tient pas… je pense plus à finir le concert au plus vite qu’à autre chose. Aucun plaisir, donc difficile d’en donner aux gens. On joue comme des robots, et on se barre d’ici au plus vite. Mauvaise expérience que cette soirée, donc. Heureusement on finit la nuit chez un ami de Dima qui s’occupe de nous comme si on était des rois, et c’est de cette partie de la soirée dont on se souviendra. Le reste peut retourner dans le néant duquel il est apparu.

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Après la pluie vient le beau temps. Chicha et nourriture chez l’habitant.



Seul point intéressant, un couple vient nous voir à la fin du concert pour nous expliquer que l’homme vient des Philippines et qu’il travaille en Italie avec sa femme, et qu’il est fan de Cortez depuis toujours. Il a même fait des covers de notre premier disque avec son groupe philippin et que, par hasard, il était ce jour à Chelyabinsk et qu’il n’en revenait pas d’être tombé sur nous ce soir-là, par hasard. Merci à sa femme qui a vu le programme du club dans un journal local et lui a dit qu’on jouait. Le monde est vraiment petit, c’est très touchant.


1.5 Chelyabinsk – Ufa

Une longue route nous amène à Ufa. Le paysage commence à se vallonner, et la végétation change un peu en allant vers le sud. Toujours autant de forêts de bouleaux et de pins, mais moins de pissenlits dans les champs. Même si c’est difficile à décrire, on sent qu’on entre dans un autre climat.

Nous sommes bien deux heures en retard à Ufa. La salle est située dans une sorte de parc de promenade, du style de Central Park, pour ceux qui connaissent. De la nature, des chemins goudronnés, des stands de grillades, des immenses structures gonflables pour les enfants, et des restaurant de toutes sortes. Il y a beaucoup de monde, et quelqu’un m’explique que c’est parce que le 1er juin, c’est un jour férié dédié aux enfants. Après un copieux repas, un musicien nous fait visiter le parc, et on passe devant une statue de Lénine, qui fait face à un bâtiment de l’administration. Il m’informe qu’il y a ici deux drapeaux et qu’à côté de celui de la Russie, il y a celui des Bakshire, qui est la population locale. Ça a l’air d’être important dans leur identité, bien que je n’y connaisse pas grand chose, même si le nom ne m’est pas inconnu. Je lui fais remarquer qu’un des joueurs de notre équipe locale en Suisse a été entraîneur de leur équipe et qu’il a gagné le championnat de KHL avec eux. Il me répond qu’avant, ils avaient un gouverneur local qui amenait plein d’argent dans le club, mais qu’aujourd’hui ce sont « des gens de Moscou » qui gouvernent. Il continue en m’expliquant que sa maman travaille dans l’administration, et qu’elle avait reçu une lettre du gouvernement qui ordonnait aux scrutateurs de faire gagner ces gens sous peine de perdre leur travail. Intéressant. C’est la première fois qu’on me fait part de ce genre de chose dans les discussions. On sent une certaine crainte, mais aussi une certaine résignation face à ce genre de pratiques.

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Panoramique de l’endroit où le concert à lieu.



La population change aussi. Déjà à Chelyabinsk, et maintenant encore plus à Ufa, la population s’asiatise. La région est très pétrolifère et Ufa semble être une plaque tournante du commerce. Énormément de camions venant du proche Kazakhstan passent par ici, ou vont encore plus loin, direction Moscou.

Le concert se passe super bien, et c’est un plaisir de jouer sur un instrument qui tient la route. Ça remonte le moral, par rapport à la veille. Chris est pris de force plusieurs fois en crowd surfing, et des mosh pits tournent autour de JR. Très intense, avec un public vraiment très participatif.
Une fille nous explique qu’elle est venue depuis la Sibérie pour nous voir ce soir. C’est incroyable ce qu’on semble représenter quelques fois pour certaines personnes. Aussi impressionnant que touchant.

On rentre à 2h et la personne qui nous accueille nous prépare du poulet grillé, des légumes, et des snacks. Il y passe quand même plus d’une heure pour la préparation, et on est encore et toujours impressionnés par les attentions des gens pour nous.

Dossier : Loulou

Ajouté le : 02.06.15

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